La réponse en bref
En cas de chute de cheveux diffuse, on demande souvent en première intention une NFS, une ferritine, une CRP et une TSH. D'autres dosages s'ajoutent selon le contexte : vitamine D, B12, folates, zinc, ou bilan hormonal chez la femme qui présente des signes d'excès d'androgènes. Les valeurs de référence varient d'un laboratoire à l'autre : lisez toujours l'intervalle de votre compte rendu. C'est le médecin qui choisit les analyses après avoir examiné le cuir chevelu.
En résumé : Une prise de sang aide à chercher une cause générale à une chute de cheveux diffuse : réserves en fer, thyroïde, hormones, micronutriments ou inflammation. Elle complète l'examen du cuir chevelu, qui reste la base du diagnostic, et n'apporte souvent pas grand-chose dans une calvitie typique.
À retenir :
- La NFS, la ferritine, la CRP et la TSH forment le socle habituel du bilan d'une chute de cheveux diffuse.
- La ferritine se lit avec la CRP, car une inflammation peut la faire monter et masquer des réserves en fer basses.
- Une chute par plaques, avec un cuir chevelu douloureux ou accompagnée de signes généraux justifie un avis médical rapide.
Qu'est-ce qu'un bilan sanguin de chute de cheveux ?
Un bilan sanguin de chute de cheveux est un ensemble d'analyses choisies pour rechercher une cause générale qui perturbe le cycle du cheveu : réserves en fer basses, trouble de la thyroïde, déséquilibre hormonal, manque de certains micronutriments ou inflammation. Il ne mesure pas l'état des cheveux eux-mêmes, il explore le terrain qui les nourrit. Il complète l'examen du cuir chevelu par un médecin, et c'est cet examen qui oriente le diagnostic.
Pour comprendre l'intérêt de ces analyses, il faut rappeler que chaque cheveu suit un cycle : une longue phase de croissance (anagène), une courte phase de transition (catagène), puis une phase de repos (télogène) à la fin de laquelle il tombe et laisse la place à un nouveau cheveu. Perdre des cheveux chaque jour est donc normal. Le problème commence quand une proportion inhabituelle de cheveux bascule en même temps en phase de repos, ou quand les nouveaux cheveux repoussent plus fins.
La prise de sang est utile surtout dans le premier cas, celui d'une chute diffuse et récente. Elle se distingue du trichogramme, un examen réalisé sur des cheveux prélevés, qui évalue la proportion de cheveux dans chaque phase. Les deux examens répondent à des questions différentes : le trichogramme décrit la chute, la prise de sang cherche ce qui peut l'entretenir.
Quelles analyses de sang faire en cas de chute de cheveux ?
Pour une chute diffuse, le socle le plus courant associe quatre analyses : la NFS, la ferritine, la CRP et la TSH. Le médecin ajoute ensuite des dosages ciblés selon votre histoire, votre sexe, vos symptômes et votre alimentation. Hiérarchiser ainsi évite deux écueils : le bilan trop court qui passe à côté d'une carence, et le panel trop large qui multiplie les résultats limites sans signification.
| Niveau | Analyses | Ce qu'elles cherchent | Points à vérifier |
|---|---|---|---|
| Première intention | NFS, ferritine, CRP, TSH | Anémie, réserves en fer, inflammation, dysfonction thyroïdienne | Lire la ferritine avec la CRP ; noter les traitements en cours |
| Selon le contexte | Fer sérique et coefficient de saturation, vitamine D, vitamine B12, folates, zinc | Statut martial complet, carences liées à l'alimentation ou à l'absorption | Régime végétarien, troubles digestifs, règles abondantes, chirurgie digestive |
| Seconde intention | T4 libre, T3 libre, anticorps anti-TPO, testostérone, SHBG, DHEA-S, prolactine | Préciser une anomalie thyroïdienne, explorer un excès d'androgènes | Moment du cycle, contraception hormonale, signes associés |
| Examens spécialisés | Trichogramme, dermoscopie, biopsie du cuir chevelu | Type de chute, atteinte inflammatoire ou cicatricielle | Réalisés ou demandés par le dermatologue |
Ce tableau donne une logique générale, il ne remplace pas la décision du prescripteur. Un point pratique souvent oublié : la biotine, présente dans de nombreux compléments destinés aux cheveux, peut fausser certains dosages hormonaux, dont la TSH. Signalez-la au laboratoire et à votre médecin, qui vous diront comment organiser le prélèvement.
Alopécie androgénétique ou effluvium télogène : quelle différence pour le bilan ?
La différence principale est la suivante : l'effluvium télogène est une chute diffuse, souvent réactionnelle, alors que l'alopécie androgénétique est un affinement progressif des cheveux sur des zones précises. L'utilité de la prise de sang n'est pas du tout la même dans les deux cas.
| Type de chute | Ce que l'on observe | Utilité de la prise de sang | Limites |
|---|---|---|---|
| Effluvium télogène | Chute diffuse, brutale, cheveux qui tombent en nombre sur tout le crâne, souvent quelques mois après un déclencheur | Élevée : recherche d'une carence en fer, d'un trouble thyroïdien, d'une inflammation | Le déclencheur (fièvre, accouchement, stress, régime) n'apparaît pas toujours dans le sang |
| Alopécie androgénétique | Golfes ou sommet chez l'homme, raie qui s'élargit chez la femme, cheveux plus fins | Faible si le tableau est typique ; utile chez la femme avec signes d'excès d'androgènes ou chute diffuse associée | Diagnostic avant tout clinique ; les hormones sont souvent dans l'intervalle de référence |
| Pelade | Plaques rondes, nettes, sans cheveux | Parfois utile pour chercher une maladie auto-immune associée, dont la thyroïdite | Le bilan sanguin ne confirme pas la pelade |
La distinction importante est la suivante : une calvitie masculine typique n'est pas une carence. Chez l'homme, elle tient surtout à la sensibilité du follicule aux androgènes, et une prise de sang revient souvent normale. Elle garde un intérêt si la chute devient soudainement diffuse, si elle s'accompagne de fatigue ou d'autres symptômes. Les deux mécanismes peuvent d'ailleurs coexister : une carence en fer peut accentuer une alopécie androgénétique déjà installée.
Quel taux de ferritine pour les cheveux ? Ferritine et fer sérique
Il n'existe pas de taux de ferritine officiel spécifique aux cheveux : le diagnostic de carence repose sur l'intervalle de votre laboratoire et sur l'avis du médecin. La ferritine reflète les réserves en fer de l'organisme. Le fer sérique, lui, mesure le fer qui circule à un instant donné : il varie selon l'heure, le dernier repas et l'inflammation, ce qui en fait un mauvais indicateur isolé. Le coefficient de saturation de la transferrine complète la lecture en indiquant quelle part du transporteur du fer est occupée. Pour aller plus loin, consultez notre guide du bilan martial.
Carence en fer sans anémie ou anémie ferriprive ?
Ces deux situations sont différentes. Dans la carence sans anémie, les réserves s'épuisent mais l'hémoglobine reste dans l'intervalle de référence : la NFS paraît rassurante, seule la ferritine signale le problème. Dans l'anémie ferriprive, le manque est plus avancé et l'hémoglobine baisse, souvent avec des globules rouges plus petits. Une chute de cheveux peut apparaître dès le premier stade, ce qui explique l'intérêt de doser la ferritine même quand la NFS est normale.
Pourquoi la CRP change la lecture
La ferritine monte en cas d'inflammation, d'infection récente ou de surcharge hépatique. Une ferritine dans la norme avec une CRP élevée peut donc masquer des réserves basses. C'est la raison pour laquelle nous lisons toujours ces deux valeurs ensemble.
Sur le plan fonctionnel, le repère que nous publions sur notre fiche ferritine est le suivant : Optimal 50-100 µg/L. Il s'agit d'un repère de lecture fonctionnelle propre à notre site. Ce n'est pas un objectif médical ni un critère de diagnostic, et il ne justifie aucune supplémentation sans avis médical, car un excès de fer a lui aussi des conséquences. Les signes qui évoquent une carence en fer (fatigue, essoufflement à l'effort, ongles cassants, pâleur) sont détaillés dans notre article sur les symptômes de la carence en fer.
La chute de cheveux est-elle liée à la thyroïde ?
Oui, elle peut l'être : une hypothyroïdie comme une hyperthyroïdie peuvent provoquer une chute diffuse. Les hormones thyroïdiennes règlent le rythme de renouvellement de nombreux tissus, dont le follicule pileux. Quand elles sont en défaut, les cheveux deviennent souvent secs, ternes et plus fins. Quand elles sont en excès, ils peuvent tomber plus vite et devenir plus fragiles.
La TSH est l'analyse de dépistage habituelle, car elle réagit tôt aux variations de la thyroïde. L'objectif et les seuils d'interprétation dépendent du contexte et des recommandations en vigueur : référez-vous à l'intervalle de votre compte rendu et à l'avis de votre médecin. Si la TSH sort de l'intervalle, le médecin complète généralement avec la T4 libre, parfois la T3 libre, et recherche une origine auto-immune par les anticorps anti-TPO. Notre article sur le bilan thyroïdien complet détaille ces étapes.
Peut-on perdre ses cheveux avec une TSH normale ?
Oui. Une TSH dans l'intervalle de référence rend une dysfonction thyroïdienne franche peu probable, mais elle ne raconte pas toute l'histoire. La chute peut venir d'ailleurs : fer, hormones, stress, traitement. Il arrive aussi qu'une thyroïdite auto-immune débute avec une TSH encore normale et des anti-TPO positifs ; le médecin décide alors d'une surveillance. Enfin, une chute qui suit le début ou l'ajustement d'un traitement thyroïdien peut être transitoire : parlez-en au prescripteur sans modifier le traitement de vous-même.
Quel bilan selon votre profil : femme, post-partum, SOPK, ménopause, homme ?
Chez la femme
Les femmes en âge d'avoir des règles sont plus exposées au manque de fer, surtout en cas de règles abondantes. La ferritine prend donc une place centrale. Un bilan hormonal se discute en présence de signes d'excès d'androgènes : acné tardive, pilosité qui augmente, cycles irréguliers, raie qui s'élargit. Il comprend souvent la testostérone, la SHBG, la DHEA-S, la prolactine, et parfois d'autres androgènes. Ces dosages se font le plus souvent en début de cycle, à une date précisée par le prescripteur. Une contraception hormonale modifie ces valeurs : signalez-la.
Après un accouchement
La chute du post-partum est fréquente et le plus souvent transitoire : elle correspond à la bascule simultanée de nombreux cheveux en phase de repos après la grossesse. Une prise de sang n'est pas systématique, mais elle devient pertinente si la chute se prolonge, si elle est très importante, ou si s'y ajoutent fatigue, palpitations ou frilosité. La grossesse et l'accouchement peuvent en effet épuiser les réserves en fer, et la thyroïde peut se dérégler dans l'année qui suit.
En cas de SOPK
Dans le syndrome des ovaires polykystiques, l'excès relatif d'androgènes peut favoriser un affinement des cheveux. Le bilan explore les androgènes et souvent le métabolisme du sucre, avec la glycémie, l'insuline à jeun ou l'HbA1c, car la résistance à l'insuline accompagne souvent ce syndrome.
À la ménopause
La baisse des œstrogènes modifie l'équilibre hormonal du cuir chevelu, et l'affinement des cheveux devient plus visible. La thyroïde mérite une attention particulière à cette période, tout comme les réserves en fer si des saignements persistent.
Chez l'homme
La calvitie typique ne demande en général pas de prise de sang. En revanche, une chute diffuse et rapide justifie le socle habituel, en pensant au fer, rarement en cause chez l'homme sans raison particulière : une ferritine basse chez un homme doit faire rechercher l'origine de la perte de fer.
Quand s'inquiéter d'une chute de cheveux et consulter ?
Une chute saisonnière modérée, à l'automne ou au printemps, ne demande en général pas de bilan sanguin. Une chute réactionnelle quelques mois après une fièvre, une période de stress intense, un régime restrictif ou un accouchement est elle aussi fréquente et souvent spontanément réversible. Dans ces situations, le médecin peut proposer une prise de sang si la chute dure au-delà de quelques mois ou s'il existe d'autres symptômes.
Le stress mérite une remarque : il peut déclencher un effluvium télogène, mais aucune analyse de sang standard ne le mesure de façon fiable dans ce contexte. Le bilan sert alors surtout à écarter une cause associée, comme une carence en fer ou un trouble thyroïdien, qui entretiendrait la chute.
Consultez sans attendre si :
- la chute se fait par plaques nettes ou par touffes ;
- le cuir chevelu est rouge, douloureux, squameux, ou présente des zones lisses et brillantes ;
- la chute s'accompagne de fatigue intense, d'essoufflement, de palpitations, d'une perte de poids inexpliquée, de fièvre ou de sueurs nocturnes ;
- des règles très abondantes ou d'autres saignements sont présents ;
- des signes de virilisation apparaissent rapidement chez une femme (voix plus grave, pilosité marquée) ;
- la chute a commencé après un nouveau médicament.
Une perte de cheveux isolée est rarement le signe d'un cancer. Ce sont les signes généraux associés qui doivent alerter et conduire à consulter.
En pratique, ces analyses sont prescrites par le médecin traitant, le dermatologue ou le gynécologue. Lorsqu'elles sont prescrites, elles sont en général prises en charge par l'Assurance Maladie et la complémentaire, mais certains dosages ne le sont que dans des indications précises. Le laboratoire peut vous indiquer à l'avance ce qui reste à votre charge.
Comment lire concrètement vos résultats ?
Commencez par l'intervalle de référence imprimé à côté de chaque valeur : c'est lui qui fait foi, car il dépend de la technique du laboratoire, de votre sexe et parfois de votre âge. Vérifiez ensuite les unités. La vitamine D peut être exprimée en ng/mL ou en nmol/L, la B12 en pg/mL ou en pmol/L, le zinc en µmol/L ou en µg/dL : comparer deux comptes rendus sans vérifier l'unité mène à de fausses conclusions.
Repérez ensuite les marqueurs qui se répondent. Une ferritine se lit avec la CRP. Une hémoglobine se lit avec le volume des globules rouges (VGM). Une TSH se lit avec la T4 libre quand elle est disponible. Un zinc plasmatique peut baisser lors d'une inflammation, il se lit donc lui aussi avec la CRP. Pour le zinc, notre repère fonctionnel publié est : Zinc plasmatique : Optimal 13-15 µmol/L (voir notre fiche zinc), à distinguer de l'intervalle du laboratoire qui sert au diagnostic.
Exemple fictif
Voici un exemple fictif, à visée purement pédagogique. Une femme d'une trentaine d'années constate une chute diffuse depuis quelques mois. Sa NFS est dans l'intervalle, sa TSH aussi. Sa ferritine se situe dans la partie basse de l'intervalle du laboratoire, et sa CRP est légèrement élevée en raison d'une angine récente. Une lecture rapide conclurait que tout est normal. Une lecture attentive note que l'inflammation a pu faire monter la ferritine, et que ses réserves réelles sont peut-être plus basses qu'il n'y paraît. La conclusion n'est pas un diagnostic : c'est une question à poser au médecin, qui peut proposer un contrôle à distance de l'épisode infectieux.
Lecture fonctionnelle de la chute de cheveux : aller au-delà de la norme
La chute de cheveux est un symptôme où la prise de sang est souvent sous-exploitée. On coche des cases « normal », on conclut au stress, et la personne repart sans piste. Notre conviction est qu'un même compte rendu, lu autrement, peut orienter la discussion avec le médecin de façon plus utile.
Une norme n'est pas un optimum. L'intervalle de référence d'un laboratoire est construit statistiquement sur une population dite de référence. Il est conçu pour repérer la maladie franche, pas pour dire si votre valeur convient à un tissu aussi exigeant que le follicule pileux, qui se renouvelle sans cesse et cède parmi les premiers quand les ressources manquent. Or cette population inclut des personnes dont les réserves en fer sont déjà modestes, ce qui tire la limite basse vers le bas. Une ferritine « dans la norme » peut donc rester une piste à explorer quand des cheveux tombent. C'est le sens des repères publiés dans notre article sur les seuils fonctionnels, qui restent des outils de lecture et non des critères de diagnostic.
La trajectoire compte autant que la valeur. Un résultat isolé est une photographie, plusieurs résultats forment un film. Prenons deux personnes, deux profils fictifs donnés à titre d'illustration. La première a une ferritine dans la partie basse de l'intervalle, stable depuis plusieurs années, sans changement de ses cheveux. La seconde a aujourd'hui une valeur comparable, mais ses bilans précédents montrent une baisse régulière, et sa chute a commencé récemment. Le chiffre du jour est voisin, la lecture est très différente : chez la seconde, la question de l'origine de cette baisse mérite d'être posée. Ressortez donc vos anciens comptes rendus avant toute consultation.
Un marqueur ne se lit jamais seul. Pour une chute de cheveux, la ferritine se croise avec la CRP, qui peut la gonfler, avec le coefficient de saturation de la transferrine, qui renseigne sur le fer réellement disponible, et avec l'hémoglobine et le VGM, qui disent si la carence retentit déjà sur les globules rouges. La TSH se croise avec la T4 libre et les anti-TPO. Imaginons deux profils fictifs avec une TSH identique, dans l'intervalle : l'un a des anti-TPO négatifs, l'autre des anti-TPO positifs et une T4 libre en limite basse. Le premier profil n'appelle pas d'exploration thyroïdienne particulière, le second justifie une surveillance décidée par le médecin.
Le contexte change tout. Les mêmes valeurs n'ont pas le même sens chez une coureuse d'endurance, une personne végétarienne, une femme qui vient d'accoucher ou un homme sous traitement au long cours. Le moment du prélèvement compte : phase du cycle pour les hormones, infection récente pour la ferritine, prise de biotine pour les dosages hormonaux. Les compléments déjà pris modifient aussi la lecture : une ferritine remontée sous supplémentation ne dit pas la même chose qu'une ferritine spontanée.
Les leviers d'hygiène de vie complètent le suivi médical. Une alimentation suffisamment riche en protéines et en aliments sources de fer, un sommeil régulier, une gestion du stress et l'absence de régime trop restrictif soutiennent le terrain dont dépend le cheveu. La micro-nutrition peut avoir sa place, à discuter avec le médecin ou le pharmacien, qui tiendront compte de vos résultats et de vos traitements. Aucun de ces leviers ne garantit un effet sur un marqueur ni sur la repousse.
Vérifier la direction. Un contrôle 8 à 12 semaines après un ajustement permet de voir si les marqueurs évoluent dans le bon sens, en gardant en tête que la repousse visible demande plus de temps que la correction biologique.
La limite est assumée. Cette lecture fonctionnelle ne remplace jamais un avis médical. Un résultat franchement hors de l'intervalle du laboratoire, une anémie ou une TSH anormale relèvent d'abord d'une prise en charge médicale.
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Que faire si votre résultat est anormal ?
Montrez d'abord votre compte rendu au médecin qui a prescrit les analyses, sans tirer de conclusion seul. Un résultat hors intervalle est une information à interpréter, pas un diagnostic. Le médecin le replace dans votre histoire, vérifie s'il faut un contrôle et cherche l'origine de l'anomalie.
- Ferritine basse : le médecin recherche la cause de la perte ou du manque d'apport en fer (règles abondantes, alimentation, trouble digestif, saignement) avant de proposer une correction adaptée.
- TSH anormale : il complète par la T4 libre, parfois les anti-TPO, et peut orienter vers un endocrinologue.
- Androgènes élevés ou prolactine élevée : un avis gynécologique ou endocrinologique est souvent proposé pour rechercher un SOPK ou une autre cause.
- Carence en vitamine D, B12, folates ou zinc : la prise en charge et le contrôle sont décidés par le médecin, qui recherche aussi un problème d'absorption.
- Bilan normal et chute persistante : un dermatologue peut examiner le cuir chevelu, réaliser une dermoscopie ou un trichogramme et préciser le type de chute.
Soyez patient sur les cheveux eux-mêmes. Même quand la cause est identifiée et corrigée, la chute peut se poursuivre quelques semaines, puis la repousse se mesure en mois, car le cheveu pousse lentement et le cycle doit redémarrer. Un contrôle biologique à distance permet de vérifier que la cause est bien maîtrisée. Ne modifiez ni n'arrêtez aucun traitement sans en parler à votre médecin.
Pour aller plus loin, notre guide pour interpréter une prise de sang vous aide à préparer la consultation. Cette page est informative et ne remplace pas un avis médical.
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Commencer mon analyseFAQ : questions fréquentes
Quelles analyses de sang faire en cas de chute de cheveux ?
Pour une chute de cheveux diffuse, le médecin demande souvent une NFS, une ferritine, une CRP et une TSH. Selon le contexte, il peut ajouter le fer sérique avec le coefficient de saturation de la transferrine, la vitamine D, la vitamine B12, les folates, le zinc, ou un bilan hormonal chez la femme qui présente des signes d'excès d'androgènes. Le choix dépend de l'examen du cuir chevelu et de votre histoire, et chaque résultat se lit avec l'intervalle de votre laboratoire.
Quelle est la différence entre fer sérique et ferritine ?
La ferritine reflète les réserves en fer de l'organisme, tandis que le fer sérique mesure le fer qui circule dans le sang au moment du prélèvement. Le fer sérique varie selon l'heure, les repas et l'inflammation, il est donc peu fiable seul. Pour évaluer le statut en fer, on associe en général la ferritine, la CRP et le coefficient de saturation de la transferrine, interprétés par un médecin.
Peut-on avoir une chute de cheveux avec une TSH normale ?
Oui. Une TSH dans l'intervalle de référence rend un trouble thyroïdien franc peu probable, mais la chute peut avoir une autre origine : réserves en fer basses, déséquilibre hormonal, stress, accouchement récent ou médicament. Une thyroïdite auto-immune peut aussi débuter avec une TSH encore normale et des anticorps anti-TPO positifs. Le médecin décide des examens complémentaires selon les symptômes.
Faut-il faire une prise de sang pour une chute de cheveux saisonnière ?
En général, une chute saisonnière modérée et passagère, à l'automne ou au printemps, ne demande pas de prise de sang. Un bilan devient pertinent si la chute est importante, dure au-delà de quelques mois, ou s'accompagne d'autres signes comme une fatigue marquée, des règles abondantes ou des palpitations. Votre médecin traitant peut vous aider à faire la différence.
Une ferritine basse signifie-t-elle une maladie grave ?
Pas nécessairement. Une ferritine basse traduit des réserves en fer diminuées, souvent liées à des règles abondantes, à une alimentation pauvre en fer ou à une période de grossesse. Elle peut aussi révéler un saignement digestif ou un trouble de l'absorption, en particulier chez l'homme ou après la ménopause. C'est le médecin qui recherche la cause et décide de la prise en charge, il est donc nécessaire de lui montrer le résultat.
Le bilan sanguin est-il utile pour une calvitie (alopécie androgénétique) ?
Pas toujours. L'alopécie androgénétique typique, avec golfes ou sommet dégarni chez l'homme, se diagnostique surtout à l'examen du cuir chevelu, et la prise de sang revient souvent normale. Le bilan garde un intérêt chez la femme qui présente des signes d'excès d'androgènes, ou lorsque s'ajoute une chute diffuse récente pouvant révéler une carence ou un trouble thyroïdien. Un médecin ou un dermatologue oriente ce choix.
Chute de cheveux après un accouchement : faut-il une prise de sang ?
Pas systématiquement. La chute du post-partum est fréquente et le plus souvent transitoire. Une prise de sang se discute si la chute est très importante, se prolonge, ou s'accompagne de fatigue, de palpitations ou de frilosité, car la grossesse peut épuiser les réserves en fer et la thyroïde peut se dérégler dans l'année qui suit l'accouchement. Le médecin ou la sage-femme peut prescrire les analyses adaptées.
Quand faut-il consulter rapidement pour une chute de cheveux ?
Consultez sans attendre si la chute se fait par plaques ou par touffes, si le cuir chevelu est rouge, douloureux ou présente des zones lisses, ou si la chute s'accompagne de fatigue intense, d'essoufflement, de perte de poids inexpliquée, de fièvre, de saignements abondants ou de signes de virilisation rapide. Une chute apparue après un nouveau médicament justifie aussi d'en parler au prescripteur, sans arrêter le traitement de vous-même.
Sources
Références de synthèse pour approfondir, contrôlées dans PubMed :
Nonscarring scalp alopecia: Which laboratory analysis should we perform on whom?. Turk J Med Sci, 2022. PubMed
Telogen effluvium in daily practice: Patient characteristics, laboratory parameters, and treatment modalities of 3028 patients with telogen effluvium. J Cosmet Dermatol, 2022. PubMed
Vitamin and Mineral Deficiencies in Patients With Telogen Effluvium: A Retrospective Cross-Sectional Study. J Drugs Dermatol, 2016. PubMed
Cet article a une portée explicative générale. Les valeurs de référence sont indicatives et varient d'un laboratoire à l'autre. Pour une information officielle, vous pouvez consulter les ressources publiques de l'Assurance Maladie (ameli.fr) ou de la Haute Autorité de Santé. Notre méthode est détaillée sur la page Méthodologie et sources.